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Marc Bonart en rêvait ! Pour sa troisième participation à la Dordogne Intégrale, il était accompagné par une petite dizaine de Boulonnais. Cent trente kilomètres entre Argentat (Corrèze) et Castelnau la Chapelle, en solo ou en relais pour ces forçats de la pagaie. Inoubliable.
La course est unique en Europe, l’effort colossal. Au petit matin, les équipages se sont élancés du Pont d’Argentat, sous la pluie, pour une douzaine d’heures de course. À l’ACBB, seul Marc Bonart savait réellement ce qui l’attendait. Pour les autres, c’était la découverte, le grand saut, entre appréhension et excitation. Parmi ces rameurs de l’extrême, les objectifs étaient variables : « J’espère faire mieux que lors des deux précédentes éditions : 12h47 en 2007 et abandon en 2008 » lance Bonart en embarquant. Pour les autres, franchir la ligne d’arrivée constituait l’objectif mais pour cela, il fallait aussi un mental d’acier!
Embarqué dans le relais K1, Antoine Landrot a lancé son effort après le troisième ravitaillement, au kilomètre 65. « Sylvain Chalhoub étant grippé, il est arrivé tard au point de rendez-vous. Du coup, j'ai ramé comme un fou, doublant même deux C9, pour rester dans les temps. J'étais cuit en après moins d’un tiers du parcours. Le reste a été terminé au mental. » Alexandre Rodriguez (K1) s’attendait quant à lui à une course très solo. « Ce fut tout l’inverse. Au fil de l'eau, je me suis rendu compte à quel point cette aventure était avant tout humaine.» Venu en Dordogne avec le secret espoir de réaliser un petit chrono, il a été rattrapé par la dure réalité dès le deuxième ravitaillement : « mes crampes d'estomac et mes fringales étaient plus fortes que mes coups de pagaies. Après le quatrième relais, le courant ayant disparu, j’ai dû faire jouer le mental en plus de l’effort musculaire. Je me suis rendu compte que la volonté était mon meilleur allier. C'était elle, qui m’a donné la force d'engloutir ces dernières étapes. À l’arrivée, le sentiment était indescriptible. J’ai l’impression d’avoir accompli un truc de dingue. »
Kilomètres 120, Bucher renonce  Partis pour effectuer la première moitié du parcours en K2, Borhane Messaci et Guillaume Ducornez (en relais avec Jérôme Cibadier et Xavier Sidaner) ont avalé les 65 kilomètres du 1er relais à une bonne cadence, très régulière. Habitués à naviguer ensemble, les deux compères ont même pris du plaisir à batailler avec le C9 de leur voisin du BAC. « On s’est tiré la bourre tout le long. Par pure courtoisie, on les a laissé passer devant au « portage » de Carennac (passage délicat – chute-, où l’on doit quitter le bateau, le sortir hors de l’eau, le porter puis réembarquer). À 3 km du ravitaillement de St-Sozy, la fin du parcours pour nous, le C9 du BAC est apparu à nouveau dans notre ligne de mire. Le passé de cycliste de Guillaume et mon expérience de coureur de fonds nous ont permis de relancer et de fondre sur le C9. Trois bornes à fond pour les rattraper et une bonne rigolade à l’arrivée ! » Jean-jacques Bucher (K1) lui, n’a jamais vu la ligne d’arrivée. Préparé pour ce véritable défis personnel, c’est une erreur logistique qui l’a condamné à renoncer. « Malgré l'abondance de l'eau, celle qui remplit le Kayak, celle des averses orageuses qui nous ont rafraîchies toute la matinée, c'est dans celle de mon camel bak que s'est caché le maillon faible: un remplissage imprudent au gymnase d'Argentat et c'est avec de l'eau au goût imbuvable que je suis parti. J'ai même pensé avoir embarqué de l'eau de la Dordogne. Avec la tension des premières étapes, et la faible hydratation, les troubles musculaires sont rapidement apparus. Malgré la super organisation de cette épreuve, le point faible aura toutefois été celui des ravitaillements en eau, il aura fallu attendre 74 Km, le ravitaillement N°3 pour trouver de l'eau en bouteille ! En ayant bu environ 500 ml en sept heures, j'avais sérieusement usé le bonhomme. Au kilomètre 120, après 13h30 d’efforts, j’ai rendu la pagaie. Malgré cela, je suis satisfait et compte bien revenir l’année prochaine. » Ils sont unanimes, la Dordogne intégrale est une épreuve exceptionnelle qui permet « de révéler en chacun de nous des ressources insoupçonnées » souligne Antoine Landrot. Soulignons aussi les très belles performances de Marc Bonart qui cette année franchit la ligne en moins de 11 heures et de Jean-Michel Navasse, 64 ans, ponctuel à l’arrivée. Vivement l’année prochaine. Agence k' pour ACBB Magazine. |