« Si je le veux, je peux le faire »

Imprimer

elodie yapoCe n’est pas une devise africaine, juste l’état d’esprit conquérant dans lequel se trouve la jeune athlète Huguette-Élodie Yapo. À 18 ans, elle vise la victoire lors des championnats de France sur 100 mètres.

Elle n’a certes pas encore la foulée de Shelly-Ann Fraser, championne olympique du 100 m, ni même celle de l’Américaine Lauryn Williams, finaliste olympique en 11"03. Mais à 18 ans et un record personnel officiel à 12"40 et officieux proche des 12"30 sur l’hectomètre, Huguette-Élodie Yapo n’a pas hésité à quitter sa Côte d’Ivoire natale pour venir en France avec la ferme intention de franchir un cap. « J’ai commencé l’athlétisme par hasard. En Afrique, c’est surtout le foot qui compte, il n’y a pas beaucoup de place pour l’athlétisme. »

Alors qu’elle dispute une course scolaire sur 200 mètres, elle est repérée et poussée dans cette voie par les entraîneurs. Elle rejoint alors le Stade d’Abidjan et enchaîne les victoires. « J’avais l’habitude des sports d’équipe, je jouais au basket. Gagner des médailles pour soi, c’est agréable. » Après trois ans d’athlétisme seulement, la vice-championne d’Afrique sur 100 m et championne d’Afrique sur 200 m (titres obtenus chez les cadettes), la jeune Yapo a donc rejoint l’ACBB, club le plus proche du lieu de résidence de son père, diplomate à l’ambassade de Côte d’Ivoire en France. « Je pense que la France est le pays idéal pour que je progresse et pour aller le plus loin possible en athtlé. Je suis ici depuis un an, j’ai été très bien accueillie et je dois maintenant progresser. » Sous son air tranquille et son sourire timide, on décèle assez facilement l’esprit de compétition d’Huguette-Élodie. « J’aime courir avec les garçons, c’est un bon moyen pour progresser. Même si je finis dernière des séances, j’améliore mes chronos. » Son objectif ? Passer sous la barre des 12" et décrocher le titre de championne de France junior sur 100 mètres. « C’est vraiment ma priorité. Je vais m’entraîner à fond et je sais que si je le veux, je peux le faire. » Handicapée par une blessure à l’orteil qui l’a empêchée de défendre convenablement ses chances lors des championnats de France 2008, Huguette-Élodie Yapo veut aujourd’hui accentuer sa cadence d’entraînement. « Il faut s’entraîner plus. Parfois, les séances sont trop cool. » Un message fort pour ses entraîneurs. Pour cette jeune femme qui vient de s’inscrire en licence de sciences éco et qui aimerait travailler plus tard dans la finance, rien n’est impossible. « Avant, j’avais peur de mes adversaires car je ne les connaissais pas. Ce n’est plus le cas. »

 

Agence k' pour ACBB Magazine.