Vendredi 30 Juillet 2010
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Premiers flirts, premières amours

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BisouLieu d’échanges par excellence, la colo est aussi un cadre idéal pour le flirt. Rien de plus normal quand on a entre 10 et 17 ans, mais l’encadrement veille. S’il n’est pas question de brider les élans amoureux, pas question non plus de laisser faire n’importe quoi. Priorité aux sentiments.

Léa trépigne d’impatience. À 11 ans, elle s’apprête à partir en vacances en colo pour la troisième année consécutive. Si tout va bien, elle devrait retrouver son amoureux de l’an dernier, Baptiste, à peine plus âgé qu’elle. « Depuis l’été dernier, on se donne des nouvelles par SMS ou grâce à MSN. Vivement le mois de juillet ! » raconte la toute-jeune fille, la pommette rougissante. Le temps passe, les technologies évoluent mais finalement rien n’a vraiment changé. « Sur le plan physiologique, la tranche d’âge concernant la pré-adolescence a légèrement baissé. On l’estime aujourd’hui à 9 ans pour les filles et 11-12 ans pour les garçons. Ce qui est constant, c’est l’importance du rôle que joue l’amour à cet âge-là. Il faut prendre cet élément en compte et surtout, le respecter » estime Valérie Couriau, chargée de la coordination des activités éducatives à l’AROEVEN.

Il est vrai que la grande majorité des adultes que nous sommes aujourd’hui a gardé en mémoire un amour d’enfance, parfois même inavoué à l’être aimé, et toujours très tendre. Pour les plus jeunes adolescents comme pour les plus âgés, les directeurs de centres de l’AROEVEN n’éludent pas le phénomène, bien au contraire. Ils l’intègrent pleinement dans leur stratégie d’encadrement. « Nous accordons une réelle considération aux flirts de vacances en séjour collectif. Outre notre rôle d’information, nous veillons à ce que les jeunes amoureux puissent s’épanouir ensemble mais aussi de façon individuelle. Et que surtout, ils participent aussi ensemble et séparément à la vie collective de la colo pour qu’ils réussissent pleinement leur séjour. »
Si le flirt et la relation amoureuse sont parfaitement intégrés dans la gestion de la vie collective, il n’est pas question pour autant de laisser faire n’importe quoi aux amoureux. Yassine Henni, permanent chez Éva Horizon, a plus de 20 ans expérience dans l’encadrement des ados. Pour lui, tout repose sur une bonne politique de gestion de la mixité. « Nous avons un cadre théorique très clair : sur le plan logistique, nous proposons des espaces de vie séparés pour respect de l’intimité ; toutefois, le rapprochement entre une fille et un garçon au cours d’une colo n’a rien de diabolique, au contraire. Dans le cas d’une relation naissante, notre préoccupation est de veiller à ce que ce flirt soit facile à vivre pour le couple concerné mais aussi pour le groupe. Enfin, dans le cas où nous sentons que les adolescents s’apprêtent à aller plus loin qu’un simple flirt, nous les invitons à prendre leur temps et à attendre un cadre plus propice que celui de la colo pour franchir un nouveau cap dans leur relation. » Voilà pour la théorie, mais en pratique ?
« Cela dépend de la sensibilité de chaque directeur » confirme Yassine Henni. « Souvent, cela passe par des animations autour du thème de la liaison amoureuse. Mais par exemple, nous ne mettons pas des préservatifs à disposition car il me semble que ce serait une incitation un peu malsaine, contraire à nos recommandations. » Avec les 15-17 ans, Yassine Henni concède que le dialogue individuel est essentiel : « il ne s’agit pas de diaboliser l’acte mais de faire prendre conscience que le lieu n’est pas le plus adapté. Il ne faut pas oublier qu’une colo dure trois semaines et qu’il s’agit donc d’une relation nouvelle. Prendre un peu de temps avant de passer à l’acte sexuel me paraît être une garantie de la qualité de la relation. »
Cet équilibre un peu fragile repose sur la confiance placée en chacun des colons. Et même si la tendance générale classe l’adolescence comme une période un peu difficile, Yassine Henni tient à tempérer : « les adolescents d’aujourd’hui sont très ouverts, s’intéressent à d’innombrables sujets et sont d’une grande richesse. Nous ne sommes pas là pour les juger mais pour les accompagner. » Ce qui ne change pas en revanche, c’est qu’au même âge, les filles sont toujours plus mâtures que les garçons et qu’en matière de coquetterie et de séduction, elles jouent un rôle moteur au sein d’un groupe.

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