Vendredi 30 Juillet 2010
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Et si l’avenir passait par l’éolien ?

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Éolienne de St HilaireLa qualité de vie de demain se prépare dès aujourd’hui. Dans un contexte où le « tout pétrole » a clairement marqué ses limites, les élus du territoire de la montagne thiernoise et le Parc Naturel Régional du Livradois-Forez (Auvergne) s’activent pour favoriser le développement d’énergies alternatives. Le 4 novembre dernier, Palladuc accueillait une réunion publique destinée à présenter l’avancée de la réflexion et le schéma éolien adopté par le Parc.

Le constat est simple, l’objectif chiffré. D’ici à 2050, notre consommation énergétique devra baisser de 31% et dans le même temps, le territoire devra être capable de multiplier par quatre sa capacité de production d’énergie renouvelable. Autant dire que le chemin est encore long et qu’il est urgent d’agir. Sollicité par les Communautés de Communes, le Parc Livradois-Forez a donc planché pour adopter, le 21 février 2008, un schéma éolien. « Le Parc veut construire une démarche de maîtrise de l’éolien sur son territoire avec des règles du jeu communes à tous. L’éolien pourquoi pas, mais pas n’importe où et pas n’importe comment » martèle Tony Bernard, Président du Parc. À l’image de Paul Rodier, président de la Communauté de Communes de la Montagne Thiernoise, la préoccupation première des élus locaux est d’ailleurs de jouer la carte de la transparence avec la population : « rien n’a encore été décidé ni même discuté. Nous ne somme qu’aux prémices du dossier. Ni pour, ni contre, simplement très attentif à l’avancée des études menées par le Parc pour mieux comprendre les enjeux. Nous avons besoin de certitudes, s’il doit y avoir un jour des zones d’exploitation d’éoliennes sur le territoire, nous les assumerons mais c’est la démocratie qui tranchera. »


La cinquantaine de personnes venue participer au débat a donc pu découvrir le fruit de l’étude menée par le Parc, dans le respect de quelques principes fondamentaux. « La réflexion prend en compte l’environnement paysager bien sûr mais positionne aussi l’éolien au cœur du développement local. L’éolien doit contribuer à la solidarité territoriale » affirme Jacques Fournier, Directeur du Parc. « Nous nous devons de définir des règles du jeu suffisamment claires pour maîtriser l’intérêt général. » Pour déterminer les zones potentiellement éligibles au rang de ZDE sur le territoire du Parc, Nathalie Santacatarina a représenté le Parc pour animer une étude fouillée - une quarantaine de sites pour finalement déterminer quatre secteurs : le Haut-Livradois, le Nord-Forez, le Sud-Forez et le plateau d’Allègre – selon des analyses croisées draconiennes : contraintes paysagères, techniques et réglementaires (voies ferrées, routes, captage d’eau…), habitat (respect d’une zone tampon de 700 mètres) et bien évidemment gisement de vent sans lequel aucun projet éolien ne paraît judicieux. « C’est ce gisement de vent qui détermine la rentabilité d’un projet. Sur le secteur Nord-Forez, les informations de Météo France laissent apparaître une vitesse de vent supérieure à 5,75 m/seconde à cent mètres d’altitude, ce qui est plutôt bon » argumente Nathalie Santacatarina. L’analyse prend aussi le soin de préconiser quelques recommandations judicieuses quant aux conditions d’implantation de grandes ou petites éoliennes. Le message est clair : pas question de subir une implantation anarchique de ces colosses d’acier, quand bien même il s’agirait de produire une énergie propre. Autre point crucial pour Jacques Fournier : l’adhésion et l’implication locale. « Il n’est pas question de faire des éoliennes dans le dos de qui que ce soit. Les collectivités locales, la population, les propriétaires fonciers… chacun doit pouvoir s’exprimer dans un véritable débat d’intérêt général. »

Cinq secteurs en vue pour l’implantation d’une ZDE
Éolienne saint hilaire
Outre les contraintes techniques incontournables, la préoccupation majeure du Parc et de ses habitants reste l’intégration paysagère des éoliennes. Tâche difficile pour Fabienne Bénard, architecte-paysagiste, chargée d’étude. « Nous devons veiller à poser des gardes fous pour éviter la banalisation des éoliennes. Les structures sont impossibles à cacher, notre devoir est de les intégrer au mieux. » En Montagne Thiernoise, cinq secteurs pourraient ainsi être déclarés ZDE* : la terrasse de Montvianneix, la terrasse de Rongère-Montagne et le Plateau de Busset côté Limagne ; le Rez de Sol et le relief de Bariande côté Bois Noirs. Mais déjà, Fabienne Bénard tempère : « parmi ces zones potentiellement éligibles, certaines seront éliminées lorsque les études seront affinées. Ce qui nous intéressait en premier lieu, c’était de mesurer les réactions des gens concernés. Mais l’étude démontre simplement que, pour le relief de Bariande, nous sommes face à une potentialité moyenne à forte pour devenir ZDE. En effet, la potentialité est forte pour le respect du milieu physique, moyenne pour le respect des éléments culturels et moyens pour la dimension paysagère. À contrario, la Terrasse de Lachaux a été éliminée en raison d’une vulnérabilité forte sur le plan culturel et paysager. »

Organiser l’avenir
Au cours d’un débat riche et constructif, le public a pu mieux comprendre les enjeux d’une ZDE. « Depuis juillet 2007, la loi est claire. Désormais, seuls les projets éoliens inscrits dans une ZDE seront viables. En revanche, un territoire déclaré ZDE n’a aucune obligation d’accueillir un parc éolien. » insiste Jacques Quantin, l’animateur du débat. Pour le Président du Parc Tony Bernard, « l’essentiel, c’est que nous soyons acteurs de notre destin. Les projets éoliens sont désormais très réglementés et j’ai l’intime conviction que, lorsqu’elle sera amenée à trancher un dossier, la Préfecture tiendra compte de notre avis. Le territoire du Parc ne sera donc pas à la merci d’opérateurs privés à la recherche du seul profit. Et dans le même temps, nous devons intégrer à notre réflexion les autres moyens de produire une énergie propre : bois, solaire, etc. Le schéma éolien du Parc est clairement déterminé et tout ce qui a été présenté reste à affiner. » La réflexion est en marche.

 

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